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    Université du Québec à Trois-Rivières

    Appel à communications pour le colloque ACFAS
    Les données culturelles en question : regards pluridisciplinaires

     

    13 et 14 mai 2026

    Université du Québec à Trois-Rivières

     

    De l’école d’été Arts, culture et humanités numériques organisée par le CRILCQ à l’été 2025 au séminaire de cycles supérieurs L’art des données, les données de l’art animé par Clarisse Bardiot à l’Université Rennes 2 à l’automne 2025, en passant par le lancement récent de multiples enquêtes qui documentent pratiques et usages de la culture, nombreux sont les événements qui démontrent que l’intérêt pour les données culturelles ne se dément pas.

    Définie comme « activité artistique créatrice et les biens et services produits par cette activité, et conservation du patrimoine humain » (Statistique Canada, 2004), la culture englobe une variété de pratiques artistiques, d’objets et de savoirs destinée d’abord à ses publics, mais aussi étudiée par le milieu de la recherche à des fins scientifiques. Pour la recherche, les données culturelles, comprises comme des informations sur la culture susceptibles de subir un traitement automatisé, qu’on retrouve stockées sur une diversité de supports, jouent un rôle essentiel. L’ère numérique, qui s’accompagne d’une dématérialisation de l’information, a fait en sorte d’augmenter la production et l’accessibilité des données. La culture, tout particulièrement dans ses liens avec les arts, la langue et la technique, n’échappe pas à ce mouvement. Plusieurs objets, comme les données de la langue, conjuguent une double appartenance : elles peuvent être considérées comme des données culturelles, lorsqu’elles sont étudiées en tant que patrimoine linguistique, et comme des données scientifiques, lorsqu’elles servent à l’explication du traitement du langage humain. Cette dualité montre une porosité des frontières entre culture et science.

    Ce colloque propose d’examiner différentes étapes du cycle de vie de ces données : leur constitution, leur collecte, leur usage, leur organisation, leur traitement, leur problématisation, leur accessibilité et leur pérennisation. Il s’intéresse à tout un éventail de données culturelles, qu’elles soient textuelles (corpus littéraires, métadonnées d’archives), visuelles (images patrimoniales, captations d’œuvres), sonores (enregistrements, balados), numériques (bases de données, interfaces interactives), ou encore issues de pratiques culturelles (statistiques de fréquentation, données de médiation ou de réception).

    La pertinence de ce colloque repose sur l’importance croissante des données culturelles dans la vie artistique, scientifique et sociale des sociétés en capitalisme tardif. Ces données, qu’elles soient mobilisées à des fins de consommation ou de régulation, soulèvent des enjeux technologiques, économiques, politiques et éthiques majeurs. Elles influencent la manière dont la culture est produite, diffusée, archivée et analysée, tant à l’échelle locale que globale.

    Il est capital d’examiner la propriété des données, leurs usages, les contraintes qui régissent leur accessibilité, ainsi que leur rôle dans l’élaboration des politiques culturelles et patrimoniales. Ce colloque pose des questions fondamentales : comment ces données sont-elles constituées ? À quelles fins et pour qui sont-elles produites ? Quelles règles encadrent leur usage ? Lesquelles sont publiques, lesquelles ne le sont pas ? Dans ce dernier cas, à qui sont-elles réservées et quelles conséquences entraîne cette opacité ? Faudrait-il légiférer ?

    Des initiatives récentes en France témoignent d’un intérêt pour ces enjeux : la collection Humanités numériques et science ouverte (Presses universitaires du Septentrion, premier ouvrage paru en 2022) et le concours Ouvrir la science, qui récompense des jeux de données depuis 2022, dont certains en humanités numériques. Cet intérêt reste toutefois timide au Québec et au Canada. D’ailleurs, un organisme collectant de telles données (Synapse C) a dû récemment fermer ses portes, faute de financement. L’écosystème de la recherche en Amérique du Nord étant très différent de celui de l’Europe, la question des données culturelles gagne à se poser aussi dans ce contexte et à susciter des recherches en langue française. Il convient par exemple d’identifier des exemples de bonnes pratiques, tout comme des cas plus problématiques, car rien n’indique une diminution de la production ou de la consommation de ces données dans un avenir proche. En somme, un phénomène d’une telle ampleur exige une étude approfondie. Ce colloque entend offrir un espace de réflexion critique sur les transformations numériques du début du 21e siècle, à l’issue de ce premier quart de siècle.

    Nous invitons les chercheuses, chercheurs, professionnelles et professionnels du milieu culturel et du secteur public à soumettre une proposition de communication portant sur l’un ou plusieurs de ces aspects. Les communications pourront aborder les enjeux liés aux données culturelles, qu’elles soient hypercontemporaines (ex. production de données par l’IA générative) ou plus générales (ex. financement de bases de données).

    Modalités de soumission

    Les propositions de communication (350 mots, hors bibliographie) doivent être envoyées au plus tard le 13 février 2026 à l’adresse acfas.culture@uqtr.ca.

    Elles seront évaluées par le comité scientifique composé des coresponsables du colloque, Anne-Sophie Bally, Hervé Guay et Julien Boisvert.

    Les critères de sélection incluent : l’adéquation avec la thématique, l’originalité, la pertinence scientifique, la diversité disciplinaire et l’équilibre des perspectives.

    Les réponses seront transmises au plus tard le 23 février 2026.

    Une publication des actes du colloque est prévue, en collaboration avec le Laboratoire de recherche sur les publics de la culture.